Being be-rewt



Jeudi 12 janvier 2006

Flashmob salle Gaveau

Les flashmobs reviennent à la mode. Même Laurent qui n'aime pas normalement ce genre de manifestation se met à y participer. La démocratie participative se met en place et va révolutionner le monde de la politique, y'a pas à dire.

be-rewt à 15:06 - Haut - 4 commentaires



Mardi 03 janvier 2006

Pourquoi j'ai tourné le dos à la recherche française

Je m'étais dit depuis longtemps qu'il faudrait que j'explique un jour comment le bon petit soldat à la solde de la Recherche Nationale que je m'apprétais à devenir a changé de direction pour fuir à l'étranger, pourquoi j'ai décidé cet été de ne pas prolonger mon bail avec maman patrie.

J'ai passé un peu plus de quatre années en thèse, et exactement quatre ans sous contrat avec l'état. Le changement s'est opéré peu à peu durant cette période.

Guerre d'influence

Avant même de débuter la thèse, tu te rends compte qu'il faudra laisser de coté la vision idyllique du monde merveilleux de la recherche où tous les membres actifs travaillent pour le bien de la communauté. Querelles personnelles, carriérisme, luttes d'influence et de pouvoir, même (surtout) dans un laboratoire aisé, tu te rends vite compte que la science n'est pas la seule préoccupation. Ceci dit, tu ne fais que passer, tu te dis que tu peux vivre en marge de tout cela, tu feras avec et avec un peu de chance tu pourras changer les choses. Avec le temps ça devient malgré tout de plus en plus pesant, surtout quand on sait que le champ de bataille préféré de tous ce beau monde se trouve au rayon recrutement ; la taille des effectifs est une donnée cruciale.

Plus tu arrives près de la sortie et plus tu te dis que si c'est pareil ailleurs (et pourquoi en serait-il autrement) tu risques de jouer ta carrière au mieux sur une co-optation réussie (ahh, l'influence d'un bon directeur de thèse), au pire sur une tractation obscure ou sur un conflit dont tu ne sais rien. D'un seul coup, la grandeur de la recherche parraît bien loin.

Routard fauché

Les conditions de vie d'un doctorant ne sont pas si abominables que j'aimerais le laisser croire, au moins on a un salaire, ce qui n'est pas si mal pour un jeune diplomé. Surtout, elles diffèrent énormément selon les doctorants. Dans les filières scientifiques, dont je fais partie, les moins chanceux sont les meilleurs, aussi bizarre que ça puisse parraître. Si tu es assez bon, tu auras une allocation de recherche. Terme pompeux désignant un contrat du ministère de la recherche, le moins bien payé de tous ceux disponibles, le moins avantageux. Quand les guerres de clochers te paraissent ridicules et donnent l'impression que le recrutement peut être injuste, ce genre de petite chose en rajoute une couche. Si le salaire d'un doctorant est suffisant pour ne pas être à la rue, il n'offre aucune visibilité : situation précaire, salaire éloignée de ce à quoi tu pourras prétendre dans quelques années, si tu veux un prêt, tu as intérêt à demander de l'aide à papa et maman pour convaincre monsieur le banquier.

Pendant la thèse, pas terrible donc, mais le pire c'est après. La tendance actuelle pousse les jeunes docteurs à partir en post-doctorat pour enrichir leur dossier. Et là, autant l'avouer, partir pour un ou deux ans quand on a 26 ans passé sans savoir ce que ça permettra d'avoir par la suite, c'est pas terrible, surtout si on est plus célibataire, ce qui arrive même à des gens biens. Le résultat est le suivant : beaucoup de ceux qui n'abandonnent pas tentent de trouver des missions courtes (moins d'un an) à l'étranger pour pouvoir candidater le plus vite possible. Un an, six mois, des durées ridicules quand on doit en plus s'adapter à une nouvelle équipe de recherche. Personnellement, la syntaxe me fais chier, me farcir un changement de contexte pour remplir une ligne sur un CV n'est pas pour moi, pas parce qu'un poste ne le vaut pas, uniquement parce qu'à un moment, on est las de devoir donner toujours plus.

Tu pourrais faire les chiottes en plus ?

Il faut que tu goûtes aux responsabilités La phrase cache souvent la volonté pour un enseignant de sous-traiter un cours, un sujet d'examen, une réunion. Le doctorant est proche des étudiants, le doctorant doit apprendre le métier, le doctorant maudit les heures passées à préparer tout cela alors qu'il devrait bosser sur sa thèse. L'idée est toutefois bonne en théorie, s'acclimater à l'enseignement avec un guide. En pratique, beaucoup d'enseignants délèguent sans vérifier, sans aider, trop heureux de pouvoir alléger leur charge d'enseignement. En plus il arrive que le guide soit nul et ça vous le savez trop bien, vous l'avez déjà eu en cours.

Le coté positif

Si j'ai été trop échaudé pour continuer dans ce monde, j'ai malgré tout apprécié l'expérience. Une liberté totale dans le travail que j'ai eu à effectuer, grâce à un directeur de thèse souple, la responsabilité de son projet dès le début, le besoin de communiquer, avec tout cela, on progresse, on se fait plaisir. La pression économique des résultats est absente, enseigner est certainement un des plus beaux métiers, les horaires sont flexibles, dis comme ça, ça à l'air d'être le bonheur, et c'est vrai que l'on se dit parfois qu'on a de la chance de travailler dans ces conditions.

Finalement, pourquoi changer ?

Pourquoi ne pas garder que le positif ? Simplement parce que je suis narcissique et qu'entendre de beau discours sur l'importance de la recherche et se faire considérer en même temps comme de la chair à canon laisse une vague impression de foutage de gueule. Parce que quitte à être entouré de gueguerre de pouvoir, je préfère l'être dans un environnement où je m'attendais à en trouver. Parce que pour bien faire ce métier, il faut faire des horaires énormes pour peu de considération. Le trop faible aura de la recherche française la rend repoussante pour beaucoup d'étudiants. Après y être passé, je ne suis toujours pas de cet avis mais je le comprends et ça me peine énormément.

be-rewt à 13:48 - Haut - 9 commentaires



Lundi 02 janvier 2006

Bonne et heureuse

2006, les blogs existent toujours ! Pierre Carion ne valait pas mieux que Paco Rabanne, je suis déçu.

be-rewt à 13:52 - Haut - 2 commentaires





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