Mauvaise voie 2.0
Après des élans d'enthousiasme et de critiques plus ou moins forte sur la nébuleuse web 2.0, j'ai trouvé la mise au point de Karl des plus intéressante (comme à son habitude), pointant deux problèmes cruciaux pour les amateurs du "nouveau" web.
Tout d'abord, on met encore une fois la technologie en avant sur la méthode. Dans le web 2.0, on vous parlera d'AJAX, de web dynamique, de javascript, d'animation, de collaboration, d'API, de tout ce que vous voudrez, mais les notions de qualité, d'accessibilité, de pérennité sont absentes. Les questions que posent Sébastien Arbogast sur le sujet en sont l'illustration : pas une seule fois il n'est question de qualité. Il n'y a pas que le terme web 2.0 qui n'est qu'apparence, ce qu'il promeut l'est aussi. J'utilise souvent lynx pour visiter des sites. Depuis l'émergence de cette connerie, un gros paquet de sites sont inaccessible. Prenez Gmail, désactivez le javascript et essayer de lire vos courriels... Bonne chance et vive le progrès. Vu comme cela, on se demande si le web 2.0 n'est pas l'arme sexy des gens qui ont toujours penser que l'accessibilité était un mythe pour saborder les tentatives de contenu accessible. Quand je lis je ne sais plus où que le web 2.0 regroupe les gens qui veulent faire des applications propres, c'est à se rouler par terre.
Vient un autre problème, cher à Karl à mon avis, qui est celui de l'utilisation de solutions propriétaires, de manque de concertation pour proposer de nouveaux services. Sous le bon vieux principe de l'usage crée la norme
, on établit des pseudos-normes en fonction de nos besoins, comme pour les micro-formats par exemple. Pas de raisonnement global, juste des solutions spécifiques, qu'on élargira au besoin. Les technos web comme un château de cartes, ceux qui gueulent contre la lourdeur des spécifications du W3C n'ont pas fini de se mordre les doigts quand ils découvriront le paquet de documentation et de sources différentes ils doivent consulter pour intégrer toutes les solutions spécifiques qu'ils veulent utiliser et qu'ils tenteront de les associer.