Being be-rewt



Mardi 30 mars 2004

Le vote sanction

Youpi youpla voilà donc ma tant attendue (sisi, ne me contredisez pas, je ne suis pas d'humeur) analyse des résultats des régionales. J'aurai mis du temps à m'y mettre, peut-être parce que mon avis est moins tranché que les resultats. C'est vrai qu'une grande partie de la politique mise en œuvre par le gouvernement m'exaspère. C'est vrai aussi que voir le Copé avec son sourire de premier de la classe se faire battre en île de France m'a mis la patate. Surtout avec son attitude digne d'un mec qui t'invite à t'asseoir en se préparant à retirer ta chaise pour que tu te casses la gueule. Content aussi de voir ma région virer à gauche avec un bilan plus que moyen pour le président sortant (que celui qui n'est pas d'accord m'explique en quoi la Lorraine est une région dynamique). Ce qui me réjouit moins, c'est que les résultats laissent véritablement penser (tout le monde se l'accorde) à une sanction de la politique gouvernementale. Ça réjouit quasiment tous les oppposants à la politique hautaine de Raffarin, pas moi. Je suis déçu de voir les français détourner le but premier de cette élection (on ne me fera pas croire que seul le président de l'Alsace avait un bon bilan à droite) et l'utiliser comme un vote sanction. En même temps, je ne vois pas d'autres moyens pour faire entendre raison à ce gouvernement, sourd à tout mouvement social.

Après le désastre des présidentielles et son résultat de république bananière, on a le vote local qui se transforme en désaveu national pour la droite. Deux élections qui me replonge dans mes doutes concernant la cinquième république. Le système des élections est à repenser, la façon de rendre des comptes pour un gouvernement est à inventer (on ne peut se contenter d'un vote tous les cinq ans). Vu le contexte, je crois qu'il est tant de créer un blog pour la sixième république.

Et merde, j'ai dérapé ; jusqu'à cette dernière phrase j'étais bien parti pour faire un vrai billet sérieux.

be-rewt à 13:16 - Haut

Commentaires

Bonjour, (comme je te lis souvent je me suis dit que je devrais commenter, au moins de temps en temps -_-;;;;)
Dans Le Monde un journaliste évoquait les élections mid-terms des Américains. C'est d'autant plus vrai que ces élections régionales ont suivi quelque peu le même schéma de bascule, vu que les législatives tombent désormais la même année que les présidentielles, que le gouvernement la jouait à la Margaret Tchatcher (seul restait le vote sanction). Au lieu d'une 6ième république ^o^, simplement décaler de deux ans les élections législatives pourraient règler le problème : le gouvernement serait bien jugé à mi-parcours sur son action, et serait alors remanié par le parti toujours en place ou connaitrait une alternance si besoin est. Et,
sincèrement, la cohabitation ce n'était pas si mal, finalement : si l'un des deux pouvoirs se mettait à délirer, l'autre le contrait.
Enfin, perso je suis contente de voir ma région virer à gauche, car Baur et ses amis... je risque de ne plus être très polie, là.

aélane à 21:43, le 30.03.04 - Haut


Le problème n'est pas uniquement celui de la sanction du gouvernement à mi parcours. Les présidentielles aussi ont montré la limite du mode de scrutin. Le décalage de 2 ans (2 et demi) n'est malheureusement pas suffisant pour sanctionner le gouvernement à mi parcours. Il faudrit pour cela faire une élection tous les 2 ans ! Je trouve cette durée largement trop courte. Le plus important à mon avis est d'associer le peuples aux réformes, en demandant des contres propositions, en les analysant et en passant pourquoi pas par un referendum. J'ai conscience en l'écrivant que c'est très utopique et très vague mais il me semble intéressant de réfléchir à un véritable changement de fond.

be-rewt à 10:55, le 31.03.04 - Haut


Salut,

Comme Aléane, je me décide à poster, car je suis aussi lecteur depuis qq temps.

Pour ces élections, ce qui m'a le plus énervé, c'est la mauvaise fois du camp de la droite. Je dis ça indépendemment de mes convictions politiques mais j'ai vraiment eu le sentiment d'être pris pour un con (je veux dire encore plus que d'habitude). En substance, ils nous ont bien expliqué que quand on a près de 400 députés sur 577, on a raison de toute façon et que si on n'est pas content, c'est parce qu'on a mal compris, alors on va continuer en nous expliquant mieux. Je trouve ça scandaleux de se voiler la face à ce point et surtout volontairement. Non seulement, on se moque de nous mais ouvertement en plus.

Je veux bien qu'il faille réformer mais faudrait peut-être voir à ne pas réformer n'importe comment et sans vraie consultation des corps de métiers ou associations ou personnes concernées. Le manque de concertation est évident puisque chaque fois que le gouvernement attque un nouveau chantier, les gens concernés descencent dans la rue.

Bref, je m'arrête là et j'espère que les choses vont changer (au moins un peu)...

Tetram9 à 11:12, le 31.03.04 - Son site - Haut


Pendant les grandes manifs, Raffarin a dit avec des trémolos républicains dans la voix : "la politique de la France ne se décide pas dans la rue". Et donc finalement, d'après ce qu'on voit, pas dans les urnes non plus ? Où ça alors ? En gros, on entend : "les réformes, les gens n'en veulent pas, il faut avoir le courage de les faire quand même". Ah bon ? C'est plus le peuple qui est souverain ? On lui impose des choses de force ? ça s'appelle comment un régime comme ça ? une "république" ?

Pierre Béziers à 17:00, le 31.03.04 - Haut


"Le plus important à mon avis est d'associer le peuple aux réformes, en demandant des contres propositions, en les analysant et en passant pourquoi pas par un referendum."
=> hnn... une démocratie moins indirecte en somme... et plus participative (quoique, rendre le vote obligatoire avec un bulletin "contre tous" pour les irréductibles pourrait aider, à mon avis, côté participation). Mais si on a fini par installer une démocratie indirecte, c'est parce qu'un trop grand nombre nuit à la prise de décision (même dans les démocraties directes originelles, Athènes ou Genève, la solution passait en fait par une réduction du nombre de citoyen, la qualité de citoyen répondait à des critères drastiques!). Par contre, oui, j'aime bien mieux l'idée de ces "forums participatifs", les gens au pouvoir faisant ensuite la synthèse des idées, avant de proposer à nouveau aux forums la dite synthèse, les solutions, etc.
=> Le problème des référendums c'est que c'est juste une question posée par le pouvoir exécutif où l'on répond par oui/non. Bref, en réalité il n'y a pas moins démocratique que le référendum (c'est d'ailleurs l'arme de tous les pouvoirs uniques et autoritaires, ainsi c'est par le biais de référendums que la 2d République est devenue un 3ième Empire : ça a pesé sur nos constitutions ultérieures)

aélane à 01:16, le 01.04.04 - Haut


Tetram : Le problème est qu'effectivement, ce gouvernement est légitime et qu'effectivement, il peut mener les réformes comme il l'entend. Ce que je me demande, c'est comment on peut éviter ce genre de problème et je ne crois pas que des législatures très courtes soient la solution.

Pierre : C'est bien là tous le problème. Des élections locales ne devraient pas servir à sanctionner un gouvernement. Je suis toutefois d'accord sur le fait que le gouvernement lui même est en grande partie responsable du caractère nationale pris par ce scrutin.

aélane : Oui, c'est aussi ce qui me gène dans le principe du referundum tel qu'il existe. Les forums participatifs sont eux aussi tentans mais risquent de rendre un accord final trop difficle, semblent moins controlables, etc... C'est justement parce que les solutions à trouver ne sont pas évidentes que la question mérite d'être posée.

be-rewt à 10:29, le 01.04.04 - Haut



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