Being be-rewt



Jeudi 26 février 2004

L'utopie de la démocratie participative

Plutôt que d'impressionner une minorité - des happy few ravis de voir des hommes politiques s'intéresser à leur joujou du moment et s'y essayer à leur tour -, les partis démocratiques français devraient plutôt s'attacher à rattraper au triple galop le retard pris en matière de débat politique sur Internet.

Je cite Morgan, encore à espérer d'une démocratie participative sur internet (comme d'autres). Moi ça n'a pas commencé que j'en suis déjà revenu. Si comme beaucoup je rêve d'une démocratie participative, je ne souhaite pas la voir sur internet.

Le brouhaha des guerres de tranchés qui ont lieu sur les forums et les quelques blogs causant politique dont je lis encore les commentaires me donnent au mieux la migraine, au pire la nausée. C'est aussi, je crois (qu'il me corrige si je me trompe), ce qui avait poussé Laurent a quitté le navire. Le débat d'idée ne peut avoir lieu dans le désordre et le bruit. Le libre accès à un forum ou à un système de commentaires ne mène bien souvent qu'à cela. Limitez l'accès et on perd le grand avantage de la participatin universelle. On souhaite une démocratie participative mais combien d'entre nous ont pris la peine d'écrire à un représentant de l'état ? Combien grognent de ne pas être entendu ou représenter sans avoir essayer d'y changer quelquechose ? Bon c'est vrai que moi, j'ai essayé (une fois seulement) sans être entendu, mais ça ne me dérange pas plus que ça, je n'attendais pas mieux de ma ministre (dommage, j'aurais bien poster sur le sujet, mais j'ai viré la réponse depuis). Internet rend la communication plus directe, moins contraignante, diront certains. Certainement et c'est d'aileurs bien là son principal défaut. Rendre la participation plus facile, c'est aussi augmenter le bruit, les interventions empêcher le débat d'avancer. Les groupes d'informations (les newsgroups) politiques sombrent déjà dans les abimes de l'inintéressant à cause d'un rapport signal-bruit trop important, je ne crois pas qu'on puisse espérer mieux d'un quelconque autre système participatif en ligne. Que ceux qui continuent à croire dans un monde électronique où les débats d'idées seront ouverts à tous, constructifs et tolérants gardent leurs espoirs, je trouve ça beau (mais terriblement utopique).

Je crois par contre à une évolution possible des partis politiques où chacun, en pourra trouver un lieu d'écoute et de dialogue en accord avec sa vision de la société, où ses propositions seront écoutées, analysées, critiquées de manière constructive. Je crois que ce monde n'a pas besoin des technologies électroniques pour exister, je crois qu'il ne tient même qu'à nous de nous bouger le cul pour qu'il émerge... Et je crois surtout que la volonté collective (et ma volonté individuelle, larve que je suis) n'est pas assez forte pour atteindre ce but.

Tiens, le cafard revient, j'aurais pas dû parler politique.

be-rewt à 18:43 - Haut

Commentaires

Avant les hommes politiques courraient les réunions de campagne et les marchés, maintenant ils ont un blogue en plus. C'est indéniablement un plus en terme de proximité (mais à audience relativement confidentielle) mais certes pas une révolution. Et qu'on ne se leurre pas, ll ne s'agit pas d'espaces de débats, mais d'outils marketing (comme les visites sur le marché).

Laurent à 19:03, le 26.02.04 - Son site - Haut


Je partage ton sentiment général sur l’illusion de débat et le bruit généré, inhérent à ce type d'outil. Le débat, politique ou non, implique des règles, un certain niveau de compétence sur le sujet abordé, des référents commun, pour avoir un sens et de la tenue. Sinon, il sombre rapidement (et très souvent) dans le blabla du café du commerce, ou chacun campe sur ses positions.

Ces blogs de campagnes seront ce que ces messieurs voudront bien en faire. Ils oscilleront, selon la personnalité et "l'envergure" du politique-bloggeur, entre le vécu de l'élu local proche du terrain et l'instrument marketing dont la seule finalité est d’occuper un terrain médiatique. Les commentaires n'y sont qu'un prétexte. Parole de repenti ;)

Je campe pour ma part sur ma première impression. Le blog n'est qu'un canal, la crise du politique a des racines beaucoup plus profondes et ne se réglera certainement pas avec ça.

Le grand reproche que l'on peut faire à ce type d'initiative (enfin c'est mon humble point de vue en fait), c'est d'entretenir une illusion d'interactivité et de débat, de surfer sur une demande qui ne sera pas satisfaite, et creuser davantage le discrédit de la parole politique. Car la crise est de ce côté là.

Ton bourdon est partagé. Je doute que cela console, mais bon… Joel.

aqb à 20:18, le 26.02.04 - Haut


Oui, des outils marketing comme l'écrit d'ailleurs Copé lui-même.

Quitte à ajouter à ton blues, je suis également sceptique sur cette "démocratie participative" on line (j'ai écrit : "Mais peut-on passer en France d'une démocratie représentative, avec ses habitudes de ne jamais rendre de comptes, à une démocratie participative ? Je ne le crois pas.").

Il faudrait déjà que cette démocratie existe dans la vraie vie politique pour la voir fleurir sur le web et dans les blogs ;-)

Buvons un coup pour oublier. Guiness ?

Xavier à 18:38, le 27.02.04 - Son site - Haut


Xavier: je crois qu'on ne perçoit pas le problème de la démocratie participative de la même façon. J'ai interprété tes propos comme la classe politique n'est pas prête pour une démocratie participative. Je pense plutôt que le peuple n'est pas prêt. J'aimerais me tromper. Toutefois je suis d'accord pour oublier devant une Guinness.

be-rewt à 10:02, le 02.03.04 - Haut


Ce soir, en faisant des recherches sur la démocratie participative, je suis retombé sur ce billet. Quand j'ai lu la citation introductive, j'ai été pris d'une crainte du type "non, ce ne serait quand même pas moi qui aurait écrit ça !" Eh bien, si, c'est moi qui ai écrit cela...

Pas la peine de préciser que ma position a un peu évolué ;-)

Morgan à 22:54, le 12.01.06 - Son site - Haut



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